L’intelligence artificielle offre aujourd’hui de nouvelles perspectives aux entreprises. En Tunisie, comme dans le reste du monde, la course aux données (Big data) est lancée et leur exploitation crée de nombreuses opportunités. Toutefois, les répercussions sur le marché de l’emploi et la vie privée de chacun posent des questions qui demeurent parfois sans réponse.

Entre fantasmes, espoirs et inquiétudes, l’intelligence artificielle (IA) représente probablement un grand débat de notre époque. Si les théories sur les machines intelligentes ne sont pas nouvelles et remontent aux années 1950, c’est durant la dernière décennie que les ordinateurs ont atteint la puissance de calcul nécessaire pour réaliser bon nombre de projets cantonnés jusqu’alors à la science-fiction !

Démystifier l’intelligence artificielle

L’IA est défini comme « la construction de programmes informatiques qui s’adonnent à des tâches qui sont, pour l’instant, accomplies de façon plus satisfaisante par des êtres humains, car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que : l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique ». L’IA traite ainsi de l’étude, de la conception et de la mise en œuvre de machines intelligentes, en faisant intervenir de nombreux domaines de l’informatique et des mathématiques appliquées. Ici, le terme « machine » ne désigne pas un objet physique, mais plutôt un système automatique capable de gérer de l’information. Il ne s’agit donc pas forcément de robots. D’ailleurs, dans un environnement de plus en plus digital, l’IA n’a pas besoin d’attendre les progrès de la robotique pour avoir un impact sur le monde et sur l’économie numérique tunisienne.

Au cœur de l’IA, la donnée

L’IA est l’ensemble des algorithmes alimentés par de grandes quantités de données, le fameux big data qui fonctionnent à l’aide de larges capacités de calculs. Aujourd’hui, ces dernières se démocratisent grâce aux « clouds », qui permettent aux entreprises d’y accéder à distance à des coûts très raisonnables. C’est pourquoi les algorithmes progressent rapidement et répondent à un nombre croissant de problématiques professionnelles ; à condition de les fournir en données pertinentes. Achetée ou récupérées via divers outils, sites web et objets connectés notamment, la « data » est au cœur de l’IA. La collecte et l’utilisation de la data sont régies par un cadre juridique strict : et le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données), pour les sociétés qui travaillent avec l’Union européenne, imposent de nombreuses règles aux entreprises.

Nouvelles perspectives

Les perspectives offertes par l’IA aux professionnels semblent infinies et aiguisent bien des appétits. Tous les secteurs sont potentiellement concernés. Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), investit de plus en plus dans ce domaine. Alors qu’en 2015 le marché mondial de l’IA était évalué à 200 millions de dollars, il devrait atteindre les 90 milliards de dollars en 2025. Aussi, le nombre de startups développant de nouveaux business autour de l’IA ne cesse d’augmenter, élargissant toujours les champs d’application : santé, éducation, finance, commerce, etc.

Des applications multiples

Dans les faits, l’intelligence artificielle est déjà très présente dans nos vies, à travers évidemment nos smartphones  – nouveaux GPS, assistants vocaux, etc. – et de plus en plus dans nos voitures. Même constat dans les entreprises, où l’on utilise souvent bien d’autres outils tels que la traduction automatique ou des chatbots pour répondre aux consommateurs sur Internet. Mais l’IA permet d’aller beaucoup plus loin, Il ne s’agit plus de gagner aux échecs ou de battre des champions de Jeopardy, mais bien de rendre les entreprises plus productives, plus efficaces et plus innovantes !

Même démarche dans le secteur juridique, où l’on parle de justice prédictive. Certains grands cabinets entraînent leur IA avec des données issues de millions de décisions de justice, pour être capables de conseiller leurs clients sur l’opportunité d’un procès, en tenant compte de très nombreux paramètres.

Beaucoup d’intérêt en Tunisie

L’IA représente une opportunité majeure pour la Tunisie. En effet, il y a actuellement huit secteurs assez matures pour tirer pleinement profit de ces technologies : banque, télécoms, assurance, industrie automobile, agriculture, énergie, auto-entrepreneuriat et e-gov (administration électronique).

Pour le moment, les observateurs soulignent que les sociétés Tunisiennes sont assez peu avancées sur ce sujet. Les grandes entreprises paraissent pour l’instant frileuses et hésitent à capitaliser sur leurs données, à part dans les secteurs banque et assurance, ou encore chez les télécoms, où la digitalisation et la concurrence poussent vers ces nouvelles approches. Plus généralement, la marche vers l’IA se fait progressivement, avec par exemple la multiplication des chatbots pour répondre aux clients.

Éthique et vigilance

Enfin, il convient d’aborder l’intelligence artificielle avec prudence tout en s’interrogeant sur l’éthique de ces nouvelles approches. Les algorithmes ne sont pas à l’abri des erreurs, bien au contraire. Défauts de conception, matériel informatique défectueux, données biaisées… les facteurs de risque sont multiples et rappellent qu’aucune machine n’est infaillible. De même, l’IA se comporte telle qu’elle a été programmée, ce qui peut évidemment altérer ses décisions. La grande majorité des algorithmes sont conçus par des hommes et qu’ils reflètent ainsi les systèmes de représentation de leurs auteurs, donc il faut donc être vigilant et veiller à ce que les femmes fassent partie intégrante du débat.

L’éthique est également au cœur du sujet. Avec la frénésie du big data et l’engouement autour des données personnelles, la question du respect de la vie privée se pose plus que jamais. Tandis que les cadres législatifs évoluent et tentent de s’adapter à ces nouvelles problématiques internationales, peu de mesures sont prises, pour le moment, contre les entreprises qui ne les observent pas. Les garde-fous existent, mais les contours sont sans doute encore flous. Ainsi, il y a quelques semaines, l’agence de presse Bloomberg a révélé que des milliers de personnes étaient chargées d’écouter des enregistrements provenant d’Alexa, l’assistant vocal proposé par Amazon. La même pratique serait en cours chez Apple, Google et Microsoft : officiellement pour « améliorer l’expérience client ». Plus largement, quelques scandales médiatiques alertent régulièrement l’opinion publique internationale sur l’utilisation des données personnelles. Mais, au quotidien, qui se soucie concrètement de ses propres données ?

 

Pour finir sur une note plus positive, la France, l’Allemagne et les pays nordiques se sont dotés, de stratégies IA au niveau gouvernemental pour faire face à la concurrence américaine et chinoise, et ne pas être relégués au banc des nations qui auront échappé à cette révolution technologique. Nous avons en Tunisie les ressources nécessaires (de très bons mathématiciens) pour développer et mettre en oeuvre une stratégie nationale d’IA qui ait du sens et qui servirait de relais de croissance pour les décennies à venir.

La Tunisie ne dispose pas encore de suffisamment de profils de data scientists expérimentés, mais cela peut très vite changer et il y a une opportunité à saisir : Global Engineering Center, leader dans la formation et le conseil autour du big data, les analytics et l’intelligence artificielle vous ouvrent les opportunités pour investir dans ce domaine…

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