Selon le Forum économique mondial, les robots réaliseront 52% des tâches professionnelles courantes des humains dès 2025. Un chiffre qui promet des transformations majeures sur le marché de l’emploi. Où en est la Tunisie? Quels secteurs sont les plus susceptibles à accueillir la technologie robotique? L’emploi est-il menacé?

L’enquête du Forum économique mondial a été menée auprès des directeurs des ressources humaines et des responsables de la stratégie au sein d’entreprises dans 12 secteurs d’activité. Et ce, au sein de 20 économies développées et émergentes (Automobile, aéronautique, chaîne d’approvisionnement et transport, Aviation, voyages et tourisme, Énergie, Technologies de l’information, Services financiers…)

L’étude conclut que les machines accompliront 52% des tâches professionnelles quotidiennes à l’horizon 2025 contre 29% aujourd’hui. Selon le même rapport, d’ici 2022, 54% de la main d’œuvre nécessitera une reconversion.

S’agissant de l’évolution du nombre d’heures de travail effectuées par les humains:

  •  71% en 2017 vs 29% pour les robots.
  • 58% pour les humains en 2022.
  • -48% en 2025.

Les résultats de l’étude montrent que 75 millions d’emplois pourraient être reconvertis et 133 millions de nouveaux emplois pourraient émerger.

Où en est la Tunisie?

On ne peut toujours pas parler d’intelligence artificielle en Tunisie, en tout cas pour la majorité des entreprises. Le pays est encore en phase de «Data Engineering». Les entreprises aujourd’hui travaillent sur les données, essaient de les collecter, de les digitaliser, d’y faciliter l’accès et de les analyser. C’est l’étape qui précède l’implémentation d’un système d’intelligence artificielle, il faut faciliter l’accès aux données. Les données pertinentes et de qualité

Selon ce spécialiste en transformation digitale, les données existent chez les entreprises ou sur d’autres plateformes. L’accès à ces données est le réel enjeu de cette étape.

Nous devons réaliser les refontes d’architectures Data, en installant de nouveaux systèmes qui permettront un meilleur accès aux données, et qui faciliteront en même temps leur collecte.

La pertinence des données est un facteur clé. Les entreprises souhaitant rejoindre la tendance devront commencer par des cas d’utilisation (Use Case). L’historique des opérations effectuées par l’entreprise, le comportement de sa clientèle dans des cas antérieurs, les chiffres relatifs à chaque conjoncture sont des facteurs qui pourront être utilisés pour distinguer les données les plus pertinentes et qualitatives. Les données pertinentes seront ainsi stockées de manière optimale.

Les secteurs qui se prêtent le mieux à l’intelligence artificielle en Tunisie

En Tunisie, tous les secteurs ne bénéficient pas du même degré de maturité pour pouvoir accueillir ce type de technologies. Les secteurs qui se prêtent le mieux au phénomène technologique sont la banque/assurance, les opérateurs télécoms, une partie de l’industrie, la grande distribution et le secteur public.

Le secteur public, notamment les services proposés par l’administration Tunisienne aux citoyens est un secteur qui a énormément besoin d’être digitalisé en premier lieu, et ensuite robotisé.

Les entreprises industrielles travaillent en collaboration étroite avec les géants des technologies pour l’introduction des solutions IA

Du fait de leur manque de qualification, les entreprises industrielles cherchent à collaborer avec les leaders du secteur des Technologies de l’Information. Près de 40 des plus grandes entreprises pétrolières et gazières ont utilisé le service cloud computing Microsoft Azure pour promouvoir des projets liés à l’IA.

Les grandes entreprises énergétiques cherchent l’aide des entreprises technologiques pour répondre à leurs besoins dans le domaine de l’IA. Exxon Mobil a sollicité IBM pour élaborer une modélisation plus réaliste de l’intelligence artificielle. BP utilise Amazon AWS pour son système de gestion d’entreprise, afin d’augmenter la vitesse de réaction du système de 40 %. Schneider Electric utilise les moyens d’apprentissage machine pour gérer à distance les pompes du secteur pétrolier et gazier à l’aide de Microsoft. Total oïl a conclu un contrat avec Google Cloud afin de créer un système d’analyse des données sur la structure de la terre qui améliore les processus d’exploration et d’extraction. Royal Dutch Shell utilise l’intelligence artificielle pour ses véhicules sans pilote et sa robotique. Shell a fait appel à Microsoft pour développer l’IA et l’apprentissage machine lors des travaux d’exploration, d’extraction, de traitement et de marketing aux fins d’améliorer ses performances opérationnelles.

L’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi en Tunisie

La thématique est fortement corrélée à la problématique de l’emploi. L’opinion dominante, c’est que des métiers disparaîtront, que des départements d’entreprises seront supprimés, que des gens se verront remplacer par des robots pour exécuter quelques tâches.

Le fait d’introduire l’intelligence artificielle va donner naissance à des opportunités énormes, particulièrement en ce qui concerne l’emploi et la formation. Il est estimé que la Tunisie gagnera 10 fois plus qu’il ne perdra…

La demande en termes d’ingénieurs et de mathématiciens s’accroîtra.

En revanche, certaines directions vont devoir changer, et recruter de nouveaux profils plus adéquats. Des opportunités énormes se présentent en Tunisie s’agissant des logiciels d’intelligence artificielle, mais qu’est-ce que nous faisons pour nous y préparer? Malheureusement, le pays n’est pas en train de se positionner, et nous ne faisons rien pour suivre la tendance mondiale…

L’IA, une matière difficile à apprivoiser

Un cadre politique et institutionnel est nécessaire pour propulser la Tunisie au premier rang africain en matière d’IA ? La démarche Tunisienne est certes bonne mais la réponse est quand même non, pour l’instant en tous cas, parce que l’IA est une matière difficile, très difficile à apprivoiser. Il faut la manier avec beaucoup de dextérité. Elle peut autant favoriser le progrès humain et le bien-être social qu’exacerber la fracture numérique et détruire des vies, notamment à cause de la sélectivité qu’elle impose dans le domaine professionnel. Autant donc dire que les défis qu’elle pose pour son développement exigent une profonde réflexion et un traitement à long terme. Prenons l’exemple de la fuite des cerveaux à laquelle toute l’Afrique et la Tunisie sont confrontés. Que faut-il faire pour retenir les jeunes talents développeurs Tunisiens et africains captés par les géants du numérique qui les payent en millions d’euros et de dollars US ?

C’est vrai que La Tunisie ne dispose pas encore de suffisamment de profils spécialistes en intelligence artificielle et Machine learning expérimentés, mais cela peut très vite changer et il y a une opportunité à saisir : Global Engineering Center, leader dans la formation et le conseil autour du big data, intelligence artificelle et les analytics vous ouvrent les portes pour investir dans ce domaine innovant à travers des worshops et formations pratiques assurés par des experts qualifiés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

fr_FR
en_GB fr_FR